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Accueil Consommateurs > Vie pratique > Autres > L'antibiorésistance : un sujet qui nous concerne tous !

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L'antibiorésistance : un sujet qui nous concerne tous ! Version imprimable   |   Dernière mise à jour le 08.02.2018


Nous en sommes tous conscients : les antibiotiques sont des médicaments essentiels à la santé humaine et animale. Ils sont largement utilisés pour combattre notamment les infections d’origine bactérienne, dont certaines peuvent être mortelles pour l’homme. Mais on constate actuellement que certains antibiotiques n’agissent plus sur certaines bactéries, qui sont devenues « résistantes ». Cette résistance, qu’on appelle l’«antibiorésistance », pose donc un réel problème, tant en terme de santé humaine que de santé animale. L’Agence alimentaire veut conscientiser sur ce phénomène inquiétant devenu une priorité mondiale.


Qu’est-ce qu’un antibiotique ?

Un antibiotique est un médicament utilisé en cas d’infection pour détruire ou empêcher la croissance des bactéries. Il peut être produit naturellement par des champignons ou des bactéries, ou de manière synthétique par l’homme. Leur découverte en 1928 a révolutionné le monde médical et leur développement a permis de soigner des millions d’individus. Leur usage est aujourd’hui généralisé aussi bien en médecine humaine qu’animale. Cette utilisation importante d’antibiotiques peut avoir un effet indésirable : l’apparition de bactéries qui résistent aux effets curatifs des antibiotiques. On parle alors d’antibiorésistance.


Qu’est-ce qu’une bactérie ?

Les bactéries sont des microorganismes unicellulaires (c.-à-d. des organismes composés d’une seule cellule) que l’on retrouve dans tous les types de milieux, terrestres ou aqueux. Elles peuvent avoir un effet positif et utile dans leur environnement, alors que d’autres peuvent s’avérer dangereuses et, par exemple, provoquer des maladies chez l’homme, les animaux et les plantes. Les infections par les bactéries peuvent être bénignes mais elles peuvent dans certains cas provoquer des dommages importants, voire le décès de la personne infectée.

Des méthodes préventives permettent de réduire les risques d’infections : l’utilisation de la température (pasteurisation ou traitement UHT du lait par exemple) ou de produits chimiques (les désinfectants, le traitement au chlore, à l’iode, …) maintient en effet la présence des bactéries à un niveau inerte. Le volet curatif implique quant à lui l’utilisation de médicaments qui attaquent les bactéries et tentent de les neutraliser : ce sont les antibiotiques.


Des bactéries qui résistent aux traitements médicaux

L’antibiorésistance que l’on observe chez l’homme peut être directement liée à l’utilisation d’antibiotiques en médecine humaine. Elle peut également être une conséquence de leur utilisation chez les animaux, et c’est principalement cette utilisation d’antibiotiques dans les cheptels et chez les animaux domestiques qui appelle à la vigilance permanente de l’Agence alimentaire et de l’Agence du Médicament. Le phénomène peut avoir lieu via des bactéries animalières résistantes qui sont capables d’infecter l’espèce humaine (on parle de bactéries zoonotiques). Cette résistance indirecte peut aussi être transmise via une bactérie humaine qui est à un moment « modifiée » : il peut se produire un échange de matériel génétique entre des bactéries animalières déjà résistantes et des bactéries humaines, rendant donc ces bactéries humaines résistantes.


La lutte contre l’antibiorésistance est mondiale

Les institutions publiques, les cabinets médicaux, les vétérinaires ou les milieux hospitaliers, et donc l’ensemble du monde médical humain et vétérinaire, dans le cadre de l’approche « Une seule santé », sont conscients de ce phénomène de résistance microbienne et unissent leurs efforts pour parvenir à un usage raisonné des antibiotiques.

En parallèle à de nombreuses autres actions de communication et de sensibilisation réalisées à tous niveaux, en novembre 2017, une semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques était lancée par l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) et l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Le but : sensibiliser la communauté internationale sur les risques sanitaires et encourager le recours aux bonnes pratiques dans l’importation, la distribution et l’administration des antibiotiques en santé animale et humaine.
L’AFSCA, ainsi que ses partenaires à ce sujet, ont participé à cette semaine de sensibilisation.

L’antibiorésistance est un phénomène de première importance et chaque usage d’antibiotique doit être raisonnable. Les antibiotiques permettent de contrer la prolifération des bactéries (ils ne sont pas efficaces contre les virus ou les champignons) et il est essentiel d’agir de façon à pérenniser ces effets bénéfiques pour la santé publique et animale. L’enjeu est donc mondial et de taille . Une récente enquête menée par l’Université d’Anvers dans plus de 50 pays a mis en évidence des disparités existantes liées à l’usage d’antibiotiques selon le continent : en Afrique et en Asie, la moitié des patients qui sont hospitalisés sont traités avec des antibiotiques, contre un tiers en Europe . Il ressort également de cette étude que des antibiotiques sont en général administrés à 2 patients sur 3 sans qu’il n’y ait d’analyse au préalable afin de cibler la pertinence d’un tel traitement.

L’antibiorésistance existe dans toutes les parties du monde. Pour limiter sa propagation, des mesures coordonnées et une mise en oeuvre de stratégies mondiales sont nécessaires.

La Commission européenne se préoccupe de ce problème depuis des années. Ainsi, depuis 2014, elle impose à tous les Etats membres de réaliser un programme de surveillance de la résistance antimicrobienne de bactéries (entre autres Salmonella, Campylobacter et Escherichia coli), présentes chez les animaux et dans les aliments, afin d’avoir une vue d’ensemble sur la situation en Europe. Quant à l’Organisation mondiale de la santé, elle a approuvé un Plan d’action en mai 2015. Ce plan vise à préserver notre capacité de prévenir et traiter les maladies infectieuses à l’aide de médicaments sûrs et efficaces.


Surveillance par les autorités et secteurs agricoles belges et vue d’ensemble sur l’Europe

Depuis 2011, l’AFSCA, comme d’autres autorités en Belgique, procède à un suivi de l’antibiorésistance chez les bovins, les porcs et les volailles comme le stipule la décision européenne (2014) imposant à tous les Etats membres la réalisation d’un programme de surveillance de la résistance antimicrobienne d’entre autres Salmonella, Campylobacter et E. coli. De cette façon, la Commission européenne dispose d’une vue d’ensemble de la situation en Europe. L’AMCRA est une asbl soutenue et cofinancée notamment par l’AFMPS et l’AFSCA. Née en 2012, elle sert de centre de connaissance en Belgique pour tout ce qui concerne l’utilisation et les résistances aux antibiotiques chez les animaux. Sa mission est notamment de participer à la collecte et d’analyser les données concernant l’utilisation des antibiotiques et les résistances bactériennes en médecine vétérinaire dans notre pays, de conseiller les acteurs de terrain et autorités, de mener des campagnes d’information, …

Un usage approprié des antibiotiques et la diminution des quantités utilisées ont un effet direct sur la diminution des résistances bactériennes, c’est donc le principal moyen de lutte contre le phénomène. Vétérinaires, éleveurs, propriétaires d’animaux de compagnie sont donc des acteurs indispensables pour mettre en oeuvre cette lutte : « les antibiotiques c‘est pas automatique »


Plan d’action global en médecine vétérinaire et résultats

Une « vision 2020 » a été élaborée par l’AMCRA. Ce plan définit des pourcentages de réduction de l’usage de ces médicaments, plan ambitieux mais réaliste pour 2020 (Voir www.amcra.be) . Les Autorités belges ont repris ces objectifs qui déterminent une diminution de moitié de l’usage global des antibiotiques dans le secteur vétérinaire et une réduction de 75 % des antibiotiques les plus critiques d’ici 2020 (année de référence 2011). Ces objectifs de réduction en médecine vétérinaire, de même qu’une série d’actions pour y parvenir, ont fait l’objet d’un accord formel entre les Autorités représentées par les Ministres fédéraux de la santé publique et de l’agriculture, et de 16 organisations impliquées dans cette lutte (Organisations professionnelles vétérinaires, agricoles, pharmaceutiques, gestionnaires de cahiers des charges, fabricants d’aliments pour animaux, labos de première lignes, …) qui a été formalisé dans une convention signée le 30 juin 2016 et constituant le cadre du plan d’action belge en médecine vétérinaire. Une nouvelle législation publiée en 2016 impose par ailleurs certaines obligations conditionnant l’usage des antibiotiques les plus critiques chez les animaux de rente (obligation d’antibiogrammes), de même que l’enregistrement dans une banque de données centrale des antibiotiques utilisés dans certains types d’élevage, afin de connaître de manière plus précise les utilisations, alors qu’auparavant nous ne disposions que des chiffres globaux de vente.


Evolution

Les actions mises en oeuvre par l’ensemble des acteurs portent leurs fruits ! Utilisation globale des antibiotiques en médecine vétérinaire : diminution de 4.8 % de 2015 à 2016 et depuis 2011 : - 20 %. Utilisation des antibiotiques critiques : diminution de 53 % de 2015 à 2016 et de 56 % depuis 2011. On observe en parallèle une tendance nette à la baisse des niveaux de résistance bactérienne, ce qui constitue l’objectif final. Ces résultats sont encourageants et les acteurs concernés s’engagent à poursuivre leurs efforts afin de pouvoir atteindre les objectifs fixés.


En savoir plus



Source : D’après un article du Bulletin AFSCA n°70, pages 3, 4 & 5.


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