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Focus sur l’antibiorésistance Version imprimable   |   Dernière mise à jour le 23.06.2017


AntibiorésistanceL’antibiorésistance est une problématique qui nous concerne tous. De quoi s’agit-il ?


Qu’est-ce qu’une bactérie ?

Les bactéries sont des microorganismes unicellulaires (c.à-d. des organismes composés d’une seule cellule) que l’on retrouve dans tous les types de milieux, terrestres ou aqueux. Elles peuvent avoir un effet positif et utile dans leur environnement, alors que d’autres peuvent s’avérer dangereuses et, par exemple, provoquer des maladies chez l’homme, les animaux et les plantes. Les infections par les bactéries peuvent être bénignes mais elles peuvent dans certains cas provoquer le décès de la personne infectée.

Des méthodes préventives permettent d’éliminer les bactéries et ainsi d’éviter les infections : l’utilisation de la température (pasteurisation ou traitement UHT du lait par exemple) ou de produits chimiques (les désinfectants, le traitement au chlore, à l’iode,…) maintiennent en effet la présence des bactéries à un niveau inerte. Le volet curatif implique quant à lui l’utilisation de médicaments qui attaquent les bactéries et tentent de les neutraliser: ce sont les antibiotiques.


Qu’est-ce qu’un antibiotique ?

Un antibiotique est un médicament utilisé dans la lutte contre les bactéries. Il peut être produit naturellement par des champignons ou des bactéries ou de manière synthétique par l’homme. Leur découverte en 1928 a révolutionné le monde médical et leur développement a permis de soigner des millions d’individus. Leur usage est aujourd’hui généralisé aussi bien en médecine humaine qu’animale voire végétale. Cette utilisation importante d’antibiotiques peut avoir un effet indésirable: l’apparition de bactéries qui résistent aux effets curatifs des antibiotiques. On parle alors d’antibiorésistance.


L’antibiorésistance

L’antibiorésistance que l’on observe chez l’homme peut être directement liée à l’utilisation d’antibiotiques en médecine humaine. Elle peut également être un effet secondaire indésirable de leur utilisation chez les animaux, et c’est principalement cette utilisation d’antibiotiques dans les cheptels qui demande la vigilance permanente de l’Agence alimentaire. Le phénomène peut avoir lieu via des bactéries animalières résistantes qui sont capables d’infecter l’espèce humaine (on parle de bactéries zoonotiques). Cette résistance indirecte peut aussi être transmise via une bactérie humaine qui est à un moment « modifiée » : il peut se produire un échange de matériel génétique entre des bactéries animalières déjà résistantes et des bactéries humaines, rendant donc ces bactéries humaines résistantes.


La lutte contre l’antibiorésistance est mondiale

Les institutions publiques, les cabinets médicaux, les vétérinaires d’exploitation ou les milieux hospitaliers, et donc l’ensemble du monde médical humain et vétérinaire , sont conscients de ce phénomène de résistance microbienne et unissent leurs efforts afin de réduire l’utilisation des antibiotiques à un niveau raisonnable.

En novembre 2015, une première semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques était lancée par l’OIE (organisation mondiale de la santé animale). Le but : sensibiliser la communauté internationale sur les risques sanitaires et encourager le recours aux bonnes pratiques dans l’importation, la distribution et l’administration des antibiotiques en santé animale et humaine.

L’antibiorésistance est un phénomène de première importance et chaque usage d’antibiotique doit être raisonnable. Les antibiotiques permettent de contrer la prolifération de maladies d’origine bactérienne (ils ne sont pas efficaces contre les virus ou les champignons) et il est essentiel d’agir de façon à pérenniser ces effets bénéfiques pour la santé publique. L’enjeu est donc mondial et de taille. Une récente enquête menée par l’Université d’Anvers dans plus de 50 pays a mis en évidence des disparités existantes liées à l’usage d’antibiotiques selon le continent : en Afrique et en Asie, la moitié des patients qui sont hospitalisés sont traités avec des antibiotiques, contre un tiers en Europe. Il ressort également de cette étude que des antibiotiques sont en général administrés à 2 patients sur 3 sans qu’il n’y ait d’analyse au préalable afin de cibler la pertinence d’un tel traitement.


Surveillance par les autorités et secteurs agricoles belges

Depuis 2011, l’AFSCA, comme d’autres autorités en Belgique, procède à un suivi de l’antibiorésistance des germes pathogènes chez les bovins, les porcs et les volailles. Depuis 2014, une décision européenne impose à tous les Etats membres la réalisation d’un programme de surveillance de la résistance antimicrobienne d’entre autres Salmonella, Campylobacter et E. coli. De cette façon, la Commission européenne dispose d’une vue d’ensemble de la situation en Europe.

L’AMCRA est une asbl soutenue et cofinancée notamment par l’AFMPS (Agence Fédérale des Médicaments et Produits de Santé) et l’AFSCA. Née en 2012, elle sert de centre de connaissance en Belgique pour tout ce qui concerne l’utilisation et les résistances aux antibiotiques chez les animaux. Sa mission est donc de collecter et d’analyser toutes les données concernant l’utilisation des antibiotiques et les résistances bactériennes en médecine vétérinaire dans notre pays.

Une « vision 2020 » a été élaborée par l’AMCRA. Ce plan définit des pourcentages de réduction ambitieux mais réalistes pour 2020 : une diminution de moitié de l’usage global des antibiotiques dans le secteur de l’élevage et une réduction de 75 % des antibiotiques les plus critiques d’ici 2020.


Plus d’infos

- La « vision 2020 » et sur l’AMCRA en général sur www.amcra.be
- Rapport d’activités 2015: résultats des contrôles menés par l’AFSCA
- Plus d'infos


Source : D'après le Bulletin AFSCA n°65, pages 8 & 9.



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